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Entrevue avec Kazuma -Traceur origine

Mis à jour : avr. 25

Voici un nouvel article qui traite des origines du Parkour. Une entrevue avec Kazuma, pilier du Parkour et traceur de la génération "la relève", après les Yamakasi.

La source d'origine du texte qui suit n'existe plus mais il est extrait de l'ancien blog de Kazuma.



Préface - Qui est Kazuma ?

Afin d'introduire le texte qui suit, je tenais à revenir sur ma première rencontre avec Kazuma.

C'était en hiver, j'avais les cheveux rasés, je portais mon sweat à capuche bleu et rouge et nous étions, Benoît et moi, entrain de nous entraîner à Olympiades dans le 13e arrondissement de Paris. Nous étions entrain de nous échauffer tranquillement sur le petit spot des cubes, face au Franprix, quand une silhouette s'est démarquée parmi les gens qui traversaient la dalle. Cette personne marchait d'un pas assuré, se tenait droite, portait un bandana sur la tête et un sac à dos remonté bien haut dans le dos. Plus il s'approchait de nous, plus il semblait fort physiquement. C'était assurément un traceur !

Il s'est présenté à nous comme étant Kazuma, un traceur ayant évolué auprès de David Belle, le fondateur du Parkour. C'est sans mentir que je dois admettre la fierté que nous avons ressenti à ce moment là, de rencontrer cette personne. Car en 2006, rencontrer David ou ses proches relevait encore du mythe et du rêve pour les traceurs des premières générations. Nous avons tout de suite ressenti l'esprit guerrier qui émanait de Kazuma, je le voyais comme un samouraï qui faisait du Parkour, il bougeait avec une telle vitesse, une telle aisance et surtout il était puissant. Après nous avoir raconté 2 ou 3 anecdotes sur lui et ses entraînements nous sommes allé sur la grande dalle, et c'est sans pression qu'il a répété 4/5 le saut de chat-fond au dessus de l'escalator puis la remontée en sprint dans l'escalier. C'était pour nous quelque chose de fou, que de voir un mec arriver et bouger comme ça.. je ne parle même pas de sa roulade qui était parfaite. C'est à ce moment là que j'ai compris que mon entraînement au Parkour allait prendre une toute autre direction.



Avant-propos


Qu'est-ce que est le parkour ?

Une méthode de déplacement ultra-rapide !

Génial ! Peut-on parler de la philosophie ? Ou d'une philosophie ?

Aujourd'hui, beaucoup de personnes font du Parkour et chacun a sa propre vision de la pratique.

Il y a les Traceurs pratiquants du Parkour, leur opposé, les Freerunners, dans une pratique libre de conscience, d'autres qui y trouvent une activité physique très enrichissante et enfin ceux qui sont simplement animés par l’esprit de compétition...


Aussi pouvons-nous être le tout en même temps... ?

Le Parkour s’est simplement diversifié à travers toutes sortes de vidéos de démonstrations ou de sauts et d'acrobaties figées sur un "spot" sans chemin précis, ce qui est suffisant pour être identifiée comme Parkour.

Aujourd’hui je sais pas ce qui bien ou mal de faire. Personnes n'est à juger car chacun évolue dans sa pratique et est curieux d'explorer de nouveaux mouvements. Ce qui m’importe le plus est la formation de base d'un Traceur. Parce-ce que quand quelqu'un me pose la question "quelle est la philosophie du Parkour ?" Moi-même je ne sais pas trop quoi répondre... Je pourrais beaucoup mieux vous parlez de l’amour de bouger, d’entraînement et de Traceurs. Extrait de TRACEUR MEMORIES :

Les premières années, nous avons passé notre temps à bouger dans l'ombre en quête de vérité. L'objectif était de se rapprocher de la réalité ! Le dur ! Le vrai ! En dehors des clubs et des salles de sport, et avons choisi d'aller jusqu'au bout de nous-mêmes sans nous douter de l'impact que nos actions auraient un jour sur le monde. L'impact est énorme ! Une nouvelle culture avec des valeurs sincères et un désir de changement profond est apparue : le Parkour, cultivé par David Belle et les traceurs de Lisses.

En 1998 quand j'ai rencontré David, le mouvement était encore libre, sans style particulier... On s’entraînait et on jouait sur différents parcours d'obstacles en passant par des toits, en s’agrippant aux murs, arbres et barrières, ou sans jamais toucher le sol, parfois dans le silence total... A chaque fois et pour chacun d'entre nous c’était une nouvelle aventure captivante.

Il y avait au moins une quinzaine de personnes dans Lisses qui s’entraînaient à bouger et il n’y avait pas encore de rythme particulier, il était surtout question d'explorer et de s'amuser. David sortait de temps à autre donner des entraînements. Il y avait plein de types. Je me souviens de certains comme: Remi Boisriveau, Francois Brandao, Ken Tinaro, J f, et les deux inséparables Romain et Sisco. Par la suite les frères Vigroux sont arrivés, Yohan et Stéphane, mon ami. À ce moment précis, des gens très motivés étaient là et nous commencions à former un petit groupe de sportifs très énervés ! Prêt à cracher du sang à chaque entraînement ! Et je crois bien que David avait envie de nous en donner pour notre compte ! À cette époque, il existait une vidéo, enregistrée sur une cassette VHS, où on y voit David Belle entrain de bouger. Elle circulait entre très peu de gens, un peu comme un parchemin qui renfermerait des techniques sécrètes. C’était la seule et unique vidéo qui permettait de voir le Parkour si tu n'avais pas la chance de croiser David pendant l'un de ses entraînements.

Dans les rues de Lisses, tous les jeunes en parlaient en décrivant les détails, "c'est une vidéo de dingue ! Pire que des films d’action, du jamais vu".

Réalisée dans les rues de Lisses et Évry, tout le monde pouvait se rendre dehors et identifier ce qu’ils avaient vu sur la vidéo. - "David a fait ce saut là ! Et quand il a atterri il est passé derrière ce mur !" Tout le monde disait : "non ! Pas possible… C’est fou !"

A n’importe quel moment de la journée ou de la soirée en marchant dans la rue, David était capable même à froid, sans être réveillé, de prendre des risques considérables pour faire là, maintenant, tout de suite, le nouveau saut qu'il venait de voir !

J’ai assisté à des moments de vérité et connu David au top de sa forme !

Cette vidéo qu’il réalisa (Speed air man) date de 1997, après son départ du groupe Yamakasi, dans le but de réaliser sa vision du Parkour…

Au fil du temps, les rendez-vous de la semaine pour aller bouger devinrent des entraînements quasiment quotidiens, plus durs et de plus en plus longs ! Les après-midis et le soir, des fois, 6h par jour jusqu'à n'en plus pouvoir... Certains ne venaient presque plus à l’entraînement, devenu trop extrême.

Aussi, je sens que certains n'appréciaient pas les "excès de violence" de David au combat de poutre et aux séances de combat pur ! On n’était pas là pour apprécier mais pour braver !

D'autres gars ne faisaient que l'échauffement au damier. Le rythme était devenu difficile à suivre, quand ce n'est pas votre vocation. Et de toute manière, l'endurance physique ne suffisait plus, notre petit jeu était devenu mental !

Plein de types de sauts ; petits ou grands mais tous mentaux et on n’aimait pas s’attarder dessus, on n’aimait pas les blocages psychologiques, c’est une grosse perte de temps! De la mystification… Alors il fallait casser ces mystifications et sauter ! On commençait à combiner des parcours avec d'autres parcours en passant par des sauts de toit en toit, des saut de bras, descendre et atterrir sur les murs en précision ! Et on ne pouvait plus se permettre d'attendre un gars qui restait bloqué sur le toit d'en face ou perché sur un mur pendant 2h ! il s'agissait de David et des gars réellement engagés dans cette nouvelle aventure : Romain. M, Sisco, Stephane et moi-même.

Quant aux plus jeunes, Yohan Vigroux, Sebastien Goudo, Michael Ramdani, ils ne venaient que de temps en temps, encore étudiants..

Fin 1999 c'est Jérôme Ben-Aoues qui nous rejoint, un ami proche de Stéphane puis Sébastien Foucan.


Le retour !

Sébastien Foucan est une légende de Lisses. Il savait bien expliquer le Parkour ,il analysait chaque mouvement dans ses moindres détails, synthétisait tout et faisait ses propres méthodes d’entraînement technique avec des répétitions bien précises ! Il possédait une pédagogie plus souple du Parkour. Jérôme était devenu l’apprenti de Sébastien qui l’entraînait régulièrement. Au contraire de David qui ne parle pas trop durant l’entraînement, ou le strict nécessaire. L'école de David c'est travailler là où c'est dur ! Là où ça fait mal !


À Paris, je me souviens, au début du Parkour, avant les premiers films et internet, les gens ne comprenaient pas trop ce que nous étions entrain de faire. Parmi les regards, il y a eu de bonnes interprétations et d'autres qui dégageaient de l’hostilité. Sans conscience de création artistique, on ne cherchait pas à montrer quelque chose, on ne faisait que passer dans les rues de manière étrange. En donnant l’impression de se servir des structures publiques et de profiter de quelque chose gratuitement, ou bien pris pour des voleurs à première vue, mais pas pour longtemps ! Quand l’énergie était là, ils étaient frappés par nos exploits physiques parfaitement maîtrisés ! En fait, au moment où ils entreprenaient de formuler leurs phrases habituelles "Qu'est-ce que vous faites là ! Descendez de là ! Vous n'avez pas le droit !" ils restaient bloqués sur place, bouche bée. Ne sachant plus quoi dire...


On recherchait une liberté extrême. Parfois, personne n’osaient nous approcher et même la police nous regardait et préférait nous laisser tranquille. Les gars qui squattaient les cages d'escalier du gymnase pour fumer leurs joints décampaient lorsqu'ils nous voyaient sauter violemment, atterrir et repartir comme des flèches dans un mouvement chevaleresque tout en déferlant des plate-formes à un rythme effrayant. Plus notre parcours était long, plus la lutte était dure pour exécuter les prochains sauts. L’adrénaline était à son maximum, nos visages se tordaient sous l'effort constant et donnaient l'impression de bêtes prêtes à vous mordre. En fait, on ne faisait rien de mal et on ne dérangeait personne. On voulait juste que l'on nous foute la paix. On appréciait beaucoup le calme des parcs, des forêts et puisque Lisses ressemble à une ville construite dans un parc, c’était parfait ! Contrairement aux idées reçues, le Parkour ne vient pas du béton, du gris et de la poussière des villes.


C'étaient des périodes intensives, en fonction de nos inspirations et de nos découvertes du moment. Des jeunes énervés qui vont grandir, prendre conscience de certaines choses. Évoluer dans un milieu « Herbertiste » (George Herbert) avec des proverbes comme "sois fort pour être utile" a fait naître des valeurs comme l'altruisme, l'esprit que cultive David transmis par son père Raymond Belle. Suivre un entraînement extrême n'est pas un standard. Il est un choix personnel avant tout. Le Parkour est aussi un loisir sportif favorable à l'éducation psycho-motrice qui se concentre sur le mouvement naturel du corps humain en construisant un physique puissant, agile, solide, utile, muni d'une adaptation rapide à tout terrain environnemental avec un mental mis à l'épreuve. Si le Parkour est pratiqué à bon escient, il n'est que bénéfice. Nous sommes resté aux côtés de David Belle parce que nous avons cru en lui et en sa volonté d'amener un sens, autre,qu'une finalité simplement visuelle à cet art du déplacement. C'est fin 1999 début 2000 que la discipline de parcours d'obstacles est devenu officiellement Parkour avec un (K) et nous (Traceur).


Kaze.

Démonstration Kazuma Et David Belle + ancienne génération



David Belle Speed air man


ParKour de combat



Documentary - The area of freedom




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